Karibu Kenya, le pouvoir du sublime

Du 4 au 8 mars 2024 à La maison des Sociétés de Cranves-Sales dans le cadre du Festival Carnets d’Aventures

Ces vastes réserves naturelles sont de plus en plus impactées par le changement climatique. La cohabitation entre la nature, la vie sauvage et les hommes devient ainsi toujours plus complexe. Ces images ont été réalisées au Kenya, dans des réserves privées au coeur de l’Amboseli et du Masai Mara dans le respect des écosystèmes. Ces réserves ont réussi à faire d’une simple activité de tourisme un réel levier d’action pour sensibiliser et agir en faveur de la préservation de la faune mais également du développement des populations locales.

Chaque cliché n’est autre qu’une rencontre, une connexion captivante avec le monde de la Savane. Avec ses couleurs de mille feux et son horizon infini, c’est un tableau, un voyage doux et rêveur dans lequel je vous entraîne. Le témoignage en image des maîtres de ces terres, du plus inoffensif, plus petit au plus imposant, plus puissant. Ces recoins du monde où le collectif prime sur l’individualisme, où les siens comptent plus que tout. Et où l’impact du changement climatique devient une réalité bien présente.

L’histoire des histoires

Cette série Karibu Kenya a été réalisée au cours d’une expédition photographique au Kenya en Octobre 2022 aux côtés d’autres photographes formidables. Et pas dans n’importe quel parc, ni de n’importe quelle manière! Les animaux que vous découvrez sur mes tirages sont tous les heureux résidents et nomades des réserves privées:

- dans le Kiritua Conservancy géré par Tortilis Camp en Amboseli

- dans le Mara North Conservancy géré par Elephant Pepper Camp dans le Maasai Mara

Ces deux réserves privées ont pour rôle de créer une ‘barrière’ naturelle de protection autour des parcs nationaux publics. Mon séjour chez eux fût bien plus qu’un simple safari photo mais une réelle découverte et sensibilisation à la préservation des écosystèmes présents. Grâce aux guides (qui ont en réalité le statut très reconnu de ranger) qui m’ont accompagnés, j’ai fait connaissance avec des personnes d’une grande sensibilité, passionnées par leur travail et dont le but est de transmettre leur connaissance sur les enjeux de la préservation des richesses de leur pays. Un grand merci à Solomon, Jonathan et Alfred.

Pourquoi choisir ces réserves?

Seuls les clients des réserves y ont accès: ce qui garantit une présence limitée de l’homme et une approche respectueuse des animaux (contre des voitures par dizaines dans d'autres parcs où le tourisme de masse s’avère ainsi néfaste pour les animaux). Les guides sont des rangers locaux, l’un des statuts sociaux les plus respectés au Kenya. Ils ont un lien fort avec les animaux de la réserve, veillent à leur bien-être et sensibilisent les touristes sur les enjeux locaux du quotidien. Parmi eux, l’impact du changement climatique, le braconnage et la préservation animalière. Il faut savoir que l'Amboseli tout particulièrement a été victime de la plus grande sécheresse jamais vue en 2022: pas de pluie durant 1 an et demi. Un impact désastreux: des carcasses d'animaux par centaines, une extrême maigreur pour les survivants et une catastrophe humanitaire sans précédent pour les tribus Masaï vivants sur le territoire.

Les services et prestations de ces réserves sont entièrement pensés pour être des plus éco-responsables possibles avec par exemple une cuisine locale et bio (Elephant Pepper Camp ont leur propre jardin que nous avons pu visiter avec le chef cuisinier!). J’ai également eu la chance de rencontrer et photographier une tribu Masai en Amboseli, notre guide en étant issu. Cette tribu survit tant bien que mal grâce à l'argent du tourisme qui sert à creuser des puits, acheminer de l'eau et de la paille pour le bétail. Sans cela et dû au changement climatique, il serait difficile pour eux de faire perdurer leur mode de vie traditionnel.

La nécessité d’un éco-tourisme

Sans ces réserves et le tourisme qui les nourrit, beaucoup d'espèces auraient disparues dû au braconnage et à l'évolution climatique. Ce sont de multiples écosystèmes qui sont aujourd'hui fragilisés. Au-delà des animaux, c'est aussi toute une population que cela fait vivre et évoluer vers des activités saines et bienveillantes. A contrario, il existe ce tourisme de masse contre-productif, détériorant les conditions de (sur)vie des animaux et ignorant de la sensibilisation aux problématiques climatiques aujourd’hui fondamental. À travers mon travail, je souhaite transmettre la réalité de ces territoires et de leur évolution et surtout montrer que nous ne sommes pas obligés d'être dans les extrêmes. Mais nous nous devons d'être dans l'équilibre. Le tourisme est nécessaire pour faire vivre ces pays, les aider à se développer tout en assurant la préservation des animaux. J’ai à cœur de communiquer sur comment le faire de manière responsable et authentique, pour ne pas tomber dans les pièges de ceux qui profitent de cette niche pour aller à l'encontre de toutes ces valeurs, détruisant encore plus les écosystèmes et nourrissant la haine chez l'homme (par exemple avec l'élevage pour le safari de chasse).

En revenant de ce voyage fort en émotions et rencontres humaines et après plusieurs mois d'introspection et de réflexion sur la portée de mon futur impact professionnel, j'ai décidé de créé cette collection de tirage ainsi qu’une exposition engagée en 2024 dans le but d'apporter un nouveau regard. Passer par la beauté de ces animaux à l'état sauvage pour espérer toucher et éveiller les consciences sur les actions menées par les hommes et femmes qui cohabitent avec eux au quotidien et permet leur survie. Éveiller aussi les consciences sur nos modes de vie consuméristes démesurés et leur impact à l'autre bout du monde, là où ça ne se voit pas, où il n'y a pas Instagram, au beau milieu de la Savane. Vous amener à réfléchir à deux fois sur le pourquoi et le comment de vos vacances.

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